Refus d’assurance emprunteur : vos recours et solutions
Dernière mise à jour : octobre 2025
En bref
— Le refus d’assurance emprunteur n’est pas une fatalité. Causes médicales, âge, profession à risque ou durée de prêt : chaque situation dispose de recours prévus par la loi (AERAS, médiation, délégation d’assurance). Ce guide explique vos droits et les démarches pour obtenir votre crédit.
1. Refus d’assurance emprunteur : causes fréquentes et critères légaux
Les assureurs ont le droit de refuser une couverture s’ils estiment que le risque est trop important. Toutefois, ce refus doit respecter les règles du Code des assurances et reposer sur des critères objectifs.
Risques médicaux jugés élevés
Les antécédents de santé constituent la première cause de refus. Une pathologie chronique, un traitement en cours ou un ancien cancer peuvent déclencher un refus automatique.
Ce que dit la loi — Article L.113-2 du Code des assurances : l’assureur évalue le risque via un questionnaire de santé. Il peut refuser la couverture, mais doit motiver sa décision de manière transparente (www.legifrance.gouv.fr).
Profession ou sport à risque
Certains métiers (pompiers, militaires, artisans du bâtiment) et activités sportives à risque augmentent la probabilité d’accident ou d’invalidité. L’assureur peut imposer une surprime ou refuser la garantie.
Montant et durée du prêt
Un prêt long ou d’un montant important majore le risque d’impayé et peut inciter l’assureur à refuser le dossier, surtout si les revenus sont modestes.
Âge de l’emprunteur
Au-delà de 65 ou 70 ans, certains contrats limitent ou excluent les garanties invalidité et incapacité. Le risque statistique augmente avec l’âge, ce qui conduit parfois à un refus.
À retenir — Le refus doit être justifié et non discriminatoire. Vous pouvez demander la lettre de refus et solliciter un nouvel examen.
2. Convention AERAS et droit à l’assurance après un refus

La convention AERAS (“S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé”) facilite l’accès à l’assurance pour les personnes dont le risque médical a entraîné un refus initial.
Principe et fonctionnement
Signée par l’État, les assureurs et les associations de malades, la convention AERAS prévoit jusqu’à trois niveaux d’examen du dossier. Elle s’applique aux prêts immobiliers, professionnels ou à la consommation sous conditions.
- Âge à la fin du prêt : ≤ 71 ans
- Montant emprunté : ≤ 420 000 €
- Crédit destiné à la résidence principale
Ce que dit la loi — La convention AERAS impose un second examen systématique pour les profils à risque de santé. Actualisée en 2023, elle engage les assureurs à proposer une solution si le dossier est éligible (www.service-public.fr).
Droit à l’oubli et grille de référence
Grâce à la Loi Lemoine sur l’assurance emprunteur, le délai du droit à l’oubli est réduit à 5 ans pour les cancers et l’hépatite C. Certaines pathologies figurent dans la grille AERAS et peuvent être assurées sans surprime.
Bon réflexe — Si votre dossier a été refusé pour raison médicale, vérifiez votre éligibilité au dispositif AERAS ou au droit à l’oubli avant de renoncer à votre prêt.
3. Recours possibles après un refus d’assurance emprunteur
En cas de refus injustifié ou mal expliqué, plusieurs voies de recours gratuites sont prévues par la réglementation.
Demande de réévaluation
Adressez un courrier recommandé à l’assureur en joignant des pièces médicales récentes ou tout document attestant d’une évolution favorable de votre situation.
Saisine du Médiateur de l’Assurance
Le médiateur peut intervenir gratuitement pour examiner le différend entre l’assureur et l’emprunteur. Son avis n’est pas contraignant mais très souvent suivi.
Ce que dit la loi — Article L.612-1 du Code de la consommation : la saisine du médiateur suspend les délais de prescription du litige (www.legifrance.gouv.fr).
Signalement à l’ACPR ou à la DGCCRF
L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) contrôle les pratiques des assureurs. La DGCCRF veille à la loyauté des contrats et peut être saisie en cas de manquement grave.
Preuves à conserver
Conservez toutes les communications (emails, lettres, avis médicaux). Ces pièces sont indispensables en cas de médiation ou d’action judiciaire.
À retenir — La médiation et le recours à l’ACPR sont gratuits. Ne jamais agir sans preuve écrite du refus.
4. Solutions alternatives pour obtenir son prêt malgré un refus
Changer d’assureur via la délégation
Vous pouvez refuser l’offre d’assurance de votre banque et choisir un contrat externe. La délégation d’assurance emprunteur vous permet de trouver une offre mieux adaptée à votre profil.
Ajuster le montant ou la durée du prêt
Réduire le capital ou la durée du prêt diminue le risque et améliore les chances d’acceptation.
Inclure un co-emprunteur
Un co-emprunteur solide peut équilibrer le risque. Vous pouvez également réduire certaines garanties (ex. : ne garder que la couverture décès/PTIA).
Solliciter un courtier spécialisé
Les courtiers spécialisés accompagnent les profils seniors ou à risque médical pour trouver un contrat sur mesure.
Bon réflexe — Grâce à la résiliation d’assurance emprunteur à tout moment (Loi Lemoine), vous pouvez changer d’assureur dès qu’une meilleure offre est disponible.
FAQ — Refus d’assurance emprunteur
- Sources officielles
- Pourquoi mon assurance emprunteur a-t-elle refusé mon dossier ?
- Que faire immédiatement après un refus d’assurance de prêt immobilier ?
- Comment fonctionne la convention AERAS en cas de refus pour raison de santé ?
- Le droit à l’oubli s’applique-t-il à ma situation ?
- Ma banque refuse la délégation d’assurance : est-ce légal ?
- Puis-je obtenir un prêt sans assurance emprunteur ?
- À qui m’adresser en cas de litige persistant ?
